Quand la friche (re)devient champ des possibles

On s’attache à ces lieux. Les photos révèlent un regard qui s’égare. Ce rayon de soleil qui se glisse entre deux tôles froissées, cette pousse verte qui se fraye un chemin au travers d’une des fentes de la dalle de béton, ces auréoles irisées sur la flaque d’eau chargée d’hydrocarbures, et même la douce ondulation de cette toiture amiantée….

Mais il fallait bien regarder les choses en face, la nostalgie des lieux n’est pas un projet d’avenir. Et ils sont arrivés, les déconstructeurs. Pas bien nombreux, non, mais bien équipés. Ces immenses machines qui plient doucement l’acier, concassent posément le béton, aplanissent finement les sols. Quelques semaines, une paire de mois, pour marquer la rupture et passer à la suite.

Du vide nait un avenir possible, la friche est (re)devenue champ des possibles. Reste l’image de ces noms sur un mur qui devait supporter la pointeuse. Les noms de celles et ceux qui faisaient vivre ces lieux. D’autres viendront bientôt.