Les Boat-Clubs arrivent [enfin] en France Un phénomène anglo-saxon qui débarque dans nos ports de plaisance

On en parle beaucoup depuis 2-3ans [et la « fameuse » vidéo de la FIN > ici], mais les premiers Boat-Clubs sont fin prêts pour la saison 2017. Le Boat-Club est une offre qui répond aux nouvelles attentes des clientèles du nautisme [De la propriété à l’usage, la consommation plaisir, …] et qui se distingue d’une offre de location classique : esprit club et convivialité, personnalisation de l’offre, flexibilité, accompagnement … Cet article en parle très bien, de même que les sites des opérateurs.

Ce concept est déjà largement développé aux USA où il a radicalement transformé le marché : augmentation considérable des volumes de pratique, rajeunissement des pratiquants [mais pas forcément des propriétaires], diversification des clientèles … . Le leader dispose ainsi de 150 bases [voir Freedom Boat Club].

En France, on recense 4 opérateurs majeurs, avec des logiques de fonctionnement et de développement différentes : [ici présentés par ordre d’apparition sur le marché ;-)]

# My Boat Club, le précurseur, qui a ouvert sa 1ère base à Carnon il y a 2 ans, et qui est en cours de déploiement en Méditerranée, en s’appuyant sur des agences dédiées ou des entreprises partenaires présentes sur les ports [Schip, concessionnaires …]. Son offre est visible ici. Un exemple de cette logique club : il organise des « ateliers pilotage » pour ces membres.

# Le Breizh Boat Club, dévoilé au NAUTIC 2016, par un gestionnaire de port précurseur : la SELLOR [en partenariat avec des acteurs de la location « classique »]. Il propose une offre complète au départ du port de Lorient [et il est le seul à proposer un voilier]. Son offre est visible ici. Il confirme le rôle nouveau que doit [devrait] jouer le port de plaisance : Assemblage d’offres, diversification vers de nouvelles cibles et rôle de « guichet unique » pour tous les clients potentiels.

# Le Boat Club de France, qui a ouvert depuis peu 3 bases en Loire Atlantique. Il fonctionne de manière autonome, sans relais sur les ports, mais en partenariats avec ces derniers. Il envisage de se développer en tâche d’huile au départ de Nantes pour les prochaines saisons. Son offre, visible ici, semble apporter une attention particulière à « l’esprit de club »

# Et le dernier, le Bénéteau Boat Club, qui propose pour la prochaine saison 12 bases en France [et 1 en Espagne]. Son déploiement s’appuie directement sur les concessionnaires du réseau, lui offrant immédiatement une véritable « force de frappe ». Son offre est visible ici. A noter, une plateforme conçue et propulsée par Hey Captain [voir ici], qui confirme son rôle dans l’accompagnement digital des acteurs historiques.

Soit 3 logiques : Le développement autonome et dédié, l’appui sur un réseau de concessionnaires et le gestionnaire de port qui se diversifie. Avec donc des modèles économiques différents, notamment en termes de mutualisation de moyens humains avec d’autres activités [Lié à la concession, à la gestion du port …] et de ressources [places, locaux …].

L’offre se compose de 21 bases soit un potentiel national de l’ordre de 200 à 350 clients [3-4 bateaux par base et 3-4 clients par bateau], avec des perspectives de croissance certaines.

Une petite carte pour localiser l’offre pour la saison 2017 [Source : Sites Web]

Il est certainement trop tôt pour tirer des conclusions, ce déploiement étant fonction des logiques des opérateurs, de leurs implantations géographiques et des partenariats développés. Mais cette carte traduit déjà des zones de concentration de l’offre, essentiellement dans les bassins de navigation les plus convoités et dans les ports les plus attractifs, performants et certainement précurseurs. Le développement devrait continuer à se poursuivre dans ces bassins.

La question du déploiement de ces boat-clubs dans des bassins et dans des ports moins attractifs [et commençant à connaître des problèmes de fréquentation …] se pose. Ce type d’offre est en effet stratégique pour eux, pour diversifier leurs clientèles et accroître leur attractivité.

> La logique des opérateurs va-t-elle les amener à élargir leurs zones d’implantation OU au contraire, les ports de « rang 2 » vont il chercher à courtiser les boat-clubs en leur mettant à disposition des offres adaptées ?

En tout cas, ces boat-clubs constituent de réelles opportunités de développement pour les ports de plaisance « next generation », pour leur animation, leur attractivité … et probablement leur capacité à générer un stock de futurs clients ?. Et ils s’inscrivent dans des perspectives de développement très favorables car adaptés aux évolutions des modes de consommation.

Le rôle des gestionnaires de ports est central pour accompagner et favoriser le déploiement de ces offres

# Des places mais pas n’importe lesquelles : La mobilisation de places constitue évidemment un besoin primaire. Mais les places choisies pour les bateaux des boat-clubs devront être adaptées au service proposé : visibles, bien placées, confortables et faciles d’accès [peut être des clients moins bons en manœuvre que nos clients classiques !], avec un tapis rouge … . Elles pourront également se situer dans des ports à sec.

# Des locaux et des espaces pour faire vivre l’esprit club : Le fonctionnement des boat-clubs [et notamment les « autonomes »] va nécessiter des espaces et des locaux, pour la gestion, l’accueil des clients, le stockage du matériel, l’organisation de la convivialité, … . Peut être des opportunités à exploiter dans les capitaineries ou avec des bâtiments flottants ?

# Un nouveau rôle d’ambassadeur : Les capitaineries vont directement participer à rendre visible cette offre nouvelle, à orienter les clients … dans des logiques de partenariats forts avec les opérateurs

# Et possiblement des logiques de mutualisation de moyens : Car les prestataires des boat-clubs peuvent jouer un rôle pour les autres clients du port [Prestations de services …] et que les agents du port peuvent également s’impliquer dans le fonctionnement du boat-club, même si les pics d’activités seront les mêmes.

Vivement l’Automne pour tirer les premiers enseignements !

Adrien Sanquer / Juin 2017